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Que penser des assurances e-réputation ?

Auteur: Marlène Page
Chacun le sait, aujourd’hui tout le monde peut créer du contenu très facilement sur Internet. Le contenu que nous diffusons, mais également les informations que les autres diffusent sur nous, constituent notre e-réputation.

Si les entreprises comptent sur leur Community Manager pour développer et tenter de maitriser leur présence en ligne, les particuliers eux n’ont que peu de recours possibles.

Il est déjà difficile de sensibiliser les internautes à l’incidence possible de leurs actions sur la toile, alors contrôler les dires des autres semble impossible. C’est ce qu’ont compris récemment les compagnies d’assurance qui proposent désormais des prestations pour assurer l’e-réputation des particuliers, qui sont de plus en plus nombreux et de plus en plus bavards sur la toile.

 

2011 les assureurs, se lancent sur le marché de l’e-réputation

C’est Swiss Life qui s’est lancé en premier sur le marché de l’assurance e-réputation en juin dernier, à la suite d’un accord avec une agence spécialisée dans l’e-réputation : Reputation Squad. Cette agence proposait déjà des services aux particuliers, notamment d’effacer les traces laissées par les internautes.  L’idée n’est plus ici d’agir une fois que le mal est fait ou encore de proposer de développer la réputation en ligne d’une personne, mais bien de se protéger en amont  « au cas où ».

Axa a profité de ce début 2012 pour se lancer également dans l’aventure de l’e-réputation. L’assureur a, en mars dernier, mis en place une campagne de communication qui joue clairement sur l’anxiété des gens.

 

Si ces deux références du domaine de l’assurance ont fait évoluer leurs services avec l’évolution des conduites et usages en ligne, nous pouvons imaginer qu’elles ne seront pas les seules à le faire et que des assureurs spécialisés risquent également de voir le jour d’ici peu.

 

 

Pourquoi souscrire à une assurance e-réputation ?

La communication des compagnies d’assurance est assez claire : Internet est dangereux, voire incontrôlable, alors protégez-vous !

Il est de plus en plus courant de googliser le nom des personnes, par exemple dans le cadre d’un recrutement, d’un partenariat professionnel ou tout simplement par curiosité. Ces résultats sont les premières informations que la personne va recueillir sur vous. Si les premiers résultats qui ressortent sont négatifs, on imagine aisément que cela risque de compromettre une potentielle collaboration.

Une récente étude parue sur Numerama nous indique que 72% des français ne savent pas effacer des informations présentes sur Internet et on ne compte plus aujourd’hui les exemples de licenciement qui stigmatisent les réseaux sociaux suite à la diffusion de contenu.  Les prestations des « effaceurs de traces » coûtent en moyenne pour les particuliers entre 200 et 3000 euros.

L’intérêt des assurances e-réputation est de vous prémunir contre ces dangers potentiels d’internet et contre les dépenses potentiellement importantes pouvant être occasionnées !

 

Ce que couvrent les assurances e-réputation


Pour les prestations e-réputation, comme toutes les assurances, vous cotisez régulièrement mais ne bénéficiez d’un service qu’à partir du moment où il y a un problème.

Swiss Life e-réputation 

Swiss Life propose pour 9,90 euros par mois de couvrir le « risque d’atteinte à la réputation dans le cadre de la vie privée par la diffusion d’informations via internet : le dénigrement, les injures, la diffamation, la publication de déclarations, d’écrits et de photographies ou de vidéos préjudiciables sans le consentement de la personne ».

L’assuré a la possibilité de signaler un problème à sa compagnie. Deux réponses lui sont alors apportées :

  • Soit une action de suppression ou noyage des informations par Reputation Squad
  • Soit un droit à des prestations juridiques assurées par Civis (prise en charge des honoraires et frais d’avocats dans le cadre d’une action juridique. La prise en charge des frais se fait à hauteur de 10.000 euros).

 

Axa, Protection Familiale Intégrale

Axa propose une offre par personne pour 13 à 17 euros par mois ou pour une famille, entre 22 et 30 euros mensuels. L’assureur vise donc ici non seulement le grand public, mais plus directement des parents. Voici ce que l’offre couvre :

  • L’atteinte à l’e-réputation, une formule équivalente à celle proposée par SwissLife (La prise en charge du noyage ou de la suppression des informations en cas de besoin et/ou des prestations juridiques)
  • L’usurpation d’identité, touchant plus de 200 000 personnes à l’année en France
  • L’utilisation frauduleuse des moyens de paiement (déjà prise en charge par les banques dans 99% des cas)
  • La gestion du litige avec un e-commerçant en cas de problèmes liés à la livraison ou à la conformité des produits
  • Une aide dans les démarches à accomplir en cas de litige
  • Le remboursement des commandes non reçues ou non conformes pour des achats sur Internet

Axa va donc un peu plus loin que Swiss Life en proposant une couverture plus complète ne se limitant pas à l’e-réputation, mais tentant de couvrir de manière plus large les risques liés à la vie numérique.

 

Ce que ne couvrent pas les assurances e-réputation

Les prestations englobent de manière générale les mêmes conditions, elles font d’ailleurs appel au même prestataire pour effacer les informations laissées par les internautes. De la même manière les exclusions à connaitre sont vraisemblablement les mêmes chez les deux compagnies.

Vous vous en doutez, les solutions e-réputation que les assureurs mettent en place ne sont pas des solutions miracles. En plus des traditionnels alinéas juridiques concernant : la prescription, l’expiration de délai, … il y a deux points particulièrement intéressants à mettre en exergue.

Il  n’y a pas de couverture en cas d’accord sur la diffusion du contenu ou si vous êtes à l’origine du contenu en question. De fait il est possible qu’autrui mentionne vos propos et le cas échéant vous ne serez pas couvert.

Cet aspect est d’autant plus gênant que la plupart des problèmes d’e-réputation à l’heure actuelle sont liés à du contenu qui a été diffusé par la personne elle-même.

 

La couverture ne s’applique pas en cas d’une activité professionnelle ou associative. C’est-à-dire que si le contenu ne concerne pas directement votre vie privée, l’assurance ne fonctionnera pas. De la même manière s’il n’y a pas d’éléments nominatifs clairs, vous ne pourrez pas faire valoir votre assurance.

 

Pour vous renseigner en détails sur les contrats voici les liens vers les conditions respectives Swiss Life et Axa :

 

Alors qu’en est-il vraiment ?

Lorsqu’il s’agit de diffamation en ligne, n’importe quel internaute peut saisir la CNIL pour porter plainte. Il est possible de se retourner contre les responsables des sites où sont tenus des propos diffamants. L’assurance est utile en ceci qu’elle propose un accompagnement dans ces démarches et surtout un dédommagement des frais d’avocats à hauteur de 10 000 euros.

Les deux compagnies d’assurance font appel à une agence d’e-réputation qui vend des services pour effacer les traces ou, du moins, essayer de les noyer dans une masse d’information plus importante. Il faut cependant savoir qu’il est impossible de « nettoyer » complètement le web de certains contenus et surtout si celui-ci a été repris sur plusieurs sites important et pas forcément français.

Concernant l’utilité de l’assurance, elle est surtout ici aussi principalement financière puisque les frais occasionnés en cas d’appel direct à une société de ce type peuvent être assez onéreux. Cependant, comme pour toute assurance vous pouvez cotiser des années sans jamais rencontrer de problèmes. A vous de voir si vous préférez anticiper ou attendre le problème.

 

Les deux points d’exclusions mentionnés ci-dessus englobent une partie importante du contenu qui peut aller à l’encontre d’une personne sur Internet et il faut bien en avoir conscience avant de souscrire à une assurance e-réputation.

Sur internet, comme ailleurs, le danger vient autant de vous que des autres. Et une sensibilisation à la diffusion et à la suppression d’information en ligne permettrait de non seulement limiter les litiges, mais surtout de rassurer les internautes plutôt que de stigmatiser web et réseaux sociaux comme des lieux dangereux.

 

Les assurances nous donnent donc pour l’instant plus l’impression de tirer partie d’une peur liée à une méconnaissance d’internet et de ses rouages.

Cependant, cette  vision est probablement restreinte par le fait que nous utilisons le web quotidiennement et les utilisateurs lambda cœur de cible des assureurs ne voient probablement pas les offres du même œil.

 

Et vous qu’en pensez-vous ? Les assurances sont elles en train de créer un besoin ou alors proposent-elles un service évolutif lié à une avancée technologique ?

 

Sources

 

A propos de l'auteur

Laurence Rigomont

@LowRigomont - Tweete plus vite que son ombre, a toujours un œil collé à une TL - Créatrice officielle de la Veille plus connue sous le nom de Social Media News ou SMN pour les intimes ! Mangeuse de pomme officielle - Sinon le reste du temps, je suis Chef de projet Social Media chez L'Autre Média

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