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Interview de Kim-Lou et Charles, community manager pour le festival Cabaret Vert

Il n’y a pas que le foot et la Coupe du Monde dans la vie ! L’été non plus d’ailleurs ! Depuis début juillet la saison des festivals est officiellement lancée ! Impossible pour L’Autre Média de résister à l’envie d’interviewer un community manager d’un festival ! Qu’à cela ne tienne, nous en avons eu deux pour le prix d’un avec Kiki et Charles, tout deux community manager pour l’Eco Festvial Cabaret Vert !

Montage

 

LAM : Présentez vous assez rapidement, Qui êtes-vous ?

Kiki : Kim-Lou, Kiki pour les intimes. J’aurai 77 ans dans 50 ans, ardennaise de naissance et parisienne malgré moi ! Je suis plutôt du type réverbère sans frontières.

C. : Charles dit Daddy ou Papa … je sais pas pourquoi par contre. Peut être parce que je suis vieux à 31 ans. Je suis là depuis le premier jour et étant donné que j’étais le seul à avoir une adresse mail et un ordinateur chez moi, j’ai créé la première identité Cabaret Vert sur les internets.

 

LAM : comment êtes-vous devenus Community Manager pour le Cabaret vert ? J’imagine que l’intégration des réseaux sociaux pour un festival (tout comme pour une entreprise) est une étape à franchir. Comment ça s’est passé pour le Cabaret Vert ?

Kiki : Charles qui est à l’origine des réseaux sociaux pour le Cabaret Vert a fait appel à moi il y a maintenant un an pour renforcer l’équipe existante. Je ne sais pas comment l’intégration des réseaux sociaux s’est faite mais je me souviens encore de la page Myspace créée dès la 2e édition …

Charles : Comme dit dans la présentation, j’étais le seul à avoir un Myspace à l’époque et à être un peu geek sur les bords. Ce n’est que quand des gens avec un peu plus d’expérience ont rejoint l’équipe du festival qu’ils m’ont dit « c’est donc toi le Community Manager ! » que j’ai réalisé que je l’étais … Avant ça, j’étais un peu le mec tout seul sur le web dont personne ne s’occupait. Au moins je pouvais faire ce que je voulais et ça m’amusait beaucoup. Dès qu’il y avait un nouveau réseau, je créais une page, j’ai appris très vite à me débrouiller et à utiliser ces réseaux au bénéfice du festival. On peut dire aujourd’hui que Facebook et Twitter sont les deux plus gros outils pour nous et ils sont assez complémentaires.

 

LAM : comment vous répartissez-vous l’animation des communautés ? Qui s’occupe de la page Facebook / du compte Twitter / du compte Instagram ?

Kiki : Je  coordonne  l’équipe qui est composée de Nico, Eric et Fanny qui ont tous des rôles bien définis. Comme on a tous des postes à responsabilités à côté et qu’on est bénévoles, ça tourne, on passe notre temps à croiser les agendas… Charles c’est un peu comme le parrain, il rôde dans l’ombre, c’est un peu notre consultant, il sait tout sur tout et il est surtout le maître dans l’art de répondre aux abonnés un peu agités du bocal !

Charles : Avant l’arrivée de Kim, j’avais déjà essayé de créer une équipe mais ils avaient encore moins de temps que moi donc je me retrouvais à tout faire seul. Ce n’est vraiment que depuis son arrivée que je peux prendre plus de recul et avoir une vie normale. En effet ils se séparent les tâches soit par réseaux, soit par temps libre.

 

LAM : ça fait longtemps qu’on n’a plus vu Francis le sanglier ! Il est vraiment parti faire le tour du monde ?

Kiki : Je ne m’en suis toujours pas remise … il m’avait promis des cartes postales le salaud ! J’attends encore. On a pas dormi pendant des nuits quand on a appris la nouvelle … mais bon, c’est sûr qu’il reviendra un jour ou l’autre, la bière local en vente sur le Cabaret va vite lui manquer.

Charles : Il était en pleine coupe du monde ! J’espère qu’il nous reviendra vivant !

 

LAM : plus sérieusement, les aventures de Francis permettent au Cabaret Vert de se différencier par rapport aux autres festivals ! Comment vous est venue cette idée ? Vous attendiez-vous à autant d’interactions autour de publications de ce type ?

Kiki : Je dirai que cette histoire de Francis a commencé avec la gazette  (journal papier distribué pendant le festival aux festivaliers et téléchargeable sur le site internet…) l’engouement s’est fait très rapidement, c’est un peu la Mylène Farmer des festivals, ses apparitions se font rares, c’est pour cela qu’il est adulé !!!

Charles : En effet, nous ne sommes pas les vrais parents de Francis. On fait juste le baby sitting à l’année ! L’effet du sanglier dans les Ardennes est très important. C’est le symbole de ce petit département et ça prouve que les ardennais sont très fiers de leur culture. Le festival a été créé dans cette ambiance, amener la lumière sur un événement positif et rigolo à Charleville Mézières. Francis représente très bien notre projet. On aime les Ardennes, on le défend notre territoire mais dans la bonne humeur et pas du tout dans un esprit communautariste.

 

LAM : l’autre grand point différenciant du Cabaret Vert est sa dimension écologique, vous misez énormément là-dessus si bien que le festival a reçu un « A Greener Festival Award » l’an passé. Est-ce que vous vous considérez comme étant des ambassadeurs des bonnes pratiques écologiques en France ? Et surtout comment faire pour adopter un discours écologique (qui peut être un sujet sensible) sans paraître trop moralisateur ?

Kiki : On est sensibilisés  (les bénévoles) autour de ce sujet et pendant le festival nous sommes garants du bon respect des règles fixées. Je pense honnêtement que beaucoup surfe sur la vague aujourd’hui en mettant en avant des aspects qui paraissent écologiques alors qu’en réalité pas du tout, du type ces fameux gobelets en plastique qu’on nous réclame chaque année et que l’on voit sur tous les festivals alors qu’il est bien plus écologique de les recycler sur place (le cabaret vert a un centre de tri ) que de les fabriquer … C’est plein de petits détails comme ça qui font de nous les boss ^^

Après le discours écologique, nous on a décidé de le faire passer une fois par semaine avec la minute verte (bientôt de retour) la responsable du développement durable du cabaret vert nous prépare une grille avec les sujets à aborder et elle nous fait confiance pour mettre les formes et donner un côté un peu fun …

Charles : En terme d’écologie, il y a toujours mieux à faire. On peut le faire sur plusieurs festivals européens. Et nous on a reçu 4 étoiles sur 5 au Greener Festival Award. Il faut aussi rappeler qu’en plus de miser sur le développement durable, nous avons une politique tarifaire extrêmement basse pour l’événement et aussi un refus total des partenariats avec des multinationales qui prônent la surconsommation. On avance chaque année et dans le concret. On communique dessus parce que c’est important pour nous mais je n’ai pas l’impression que ce soit tapageur ou putassier. On en parle parce que ça nous tient à cœur. Pour le côté moralisateur, on prône plutôt l’équilibre entre la fête d’un côté et l’écologie de l’autre. Tu peux boire des bières mais tu mets ton gobelets dans le bon sac et tu penses à tous les bénévoles qui ramassent en permanence : ).

 

 

LAM : cette année, on a eu un peu l’impression en voyant les différents commentaires et publications, que les festivaliers étaient déçus par la programmation qui compte quand même de très beaux noms (M, Die Antwoord, Kavinsky, Metronomy, Placebo…). Comment avez-vous fait face à ces différentes « critiques » ?

Kiki : On fait face, c’est toujours difficile de gérer les festivaliers déçus, la programmation cette année est plutôt pointue, il y a vraiment de belles découvertes mais il faut faire la démarche de chercher, il faut jouer la carte de la curiosité …  On nous reproche souvent de ne pas supporter les critiques, ce qui est faux, ce qu’on a du mal à supporter ce sont les insultes et les attaques gratuites… On répond à tout le monde et c’est souvent de bonne guerre.

Charles : Etant le plus vieux de la bande, j’ai fait les 10 éditions. Si on enlève la première, j’ai vécu 9 annonces de prog’. Je peux vous dire que c’est à chaque fois la même chose. Je trouve pas qu’on ait plus de critiques sur cette prog’ que sur les précédentes. On subit peut être juste l’effet 10 ans. Y’a encore des gens qui pensent que c’est possible dans un festival à 80 balles les 4 jours d’avoir Daft Punk, Iron Maiden, Stromae et les Rolling Stones. Une grande partie de notre public n’est absolument pas habitué à l’univers des festivals et pour beaucoup le Cabaret Vert est le seul festival qu’ils n’aient jamais fait… Les critiques sont logiques pour eux. Après on ne va pas les blâmer, on les habitue à toujours plus d’année en année. Là on est juste l’un des 10 plus gros festivals de France, mais on sera jamais les Vieilles Charrues parce que ça ne collerait plus au projet. Ils s’habitueront.

Je rajouterai aux propos de Kim qu’il est vrai qu’on répond au maximum aux critiques et que quelques fois cela nous est reproché (même par la direction : ) ) mais le plus important là dedans c’est qu’on répond. Pour avoir vérifier, aucun festival de notre taille n’a un community manager aussi actif. Les autres se contentent de poster leurs infos et d’ignorer tous les commentaires. Pas nous : ).

 

LAM : le cabaret Vert a déjà 10 ans, comment le voyez-vous évoluer dans les années à venir ?

Kiki : J’aimerais qu’il y ait une grande montgolfière reliée à un toboggan géant qui atterrirait directement dans la Meuse, il y aurait 5 scènes suspendues dans des chênes et des baobabs, la place sera à 1 bayard (monnaie du festival) symbolique et on se déplacera tous à dos de Francis …

Plus sérieusement, j’espère sincèrement que l’ambiance restera identique et que l’on soit complet dès l’ouverture de la billetterie ; )

Charles : On veut devenir le Paléo français : ). Etre à fond sur l’accueil public et amener de réelles nouveautés chaque année. Beaucoup de festivals se résument à poser des scènes, taper des têtes d’affiches, ouvrir la buvette et encaisser la maille. C’est pas ce qu’on veut devenir. Dès qu’on dégage un peu d’argent (et c’est rare) on le réinvestit pour le public et pour le confort de nos équipes. On a toujours besoin d’innover et d’améliorer là où d’autres se seraient déjà arrêtés depuis longtemps. C’est ça le Cabaret Vert et j’espère que ça continuera toujours dans ce sens.

 

LAM : quelques conseils à donner aux autres CM qui travaillent dans « l’événementiel » ?

Kim : Amour, gloire et beauté & #LesHashtagsLesPlusLongsSontLesMeilleurs

Charles : La meilleure technique c’est de ne pas être politiquement correct. Ça crée des conflits et des débats donc beaucoup de vues : )

Plus sérieusement, il faut trouver une ligne originale dans sa communication pour sortir de la masse et sans cesse se renouveler. Y’a pas de secret aujourd’hui dans toute la masse il faut sortir des sentiers battus à un moment donné !

 

 

Vous pouvez suivre le Cabaret Vert sur Facebook, Twitter, Instagram, Youtube et écouter la playlist de l’édition 2014 sur Spotify ! Pour celles et ceux qui le souhaiteraient, des places sont encore disponibles !

Découvrez ou redécouvrez nos autres interviews de CM : Clément de Big Fernand, Charlotte de Rue du Commerce et  Jean de chez Quechua !

 

Merci beaucoup à Kiki et Charles d’avoir joué le jeu ! On vous fait un coeur avec les doigts !

A propos de l'auteur

Benoit Vangilve

Chef de projet social media, dénicheur de belles opés, utilisateur inconditionnel d'Instagram et de Soundcloud, fan de basket, buveur de Duvel. Pour ceux que ça intéresse : @tioneb07 ;)

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