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Politique 2.0 : l’utilisation des réseaux sociaux par les politiques

Au vu des dernières péripéties des politiques sur les réseaux sociaux, et à l’approche des élections présidentielles ainsi que des primaires américaines, nous vous proposons un focus sur l’utilisation des réseaux sociaux dans une stratégie de communication politique.

Impossible de les éviter en ce moment, les candidats à l’élection présidentielle sont partout. Télévision, Affichage, Internet, Radio …. Les médias sont sans cesse sollicités par les politiciens.

Si nous y sommes habitués, 2012 a cependant marqué un tournant car cette année les équipes de campagnes ont montré un intérêt croissant pour les médias sociaux.

Avec bientôt près d’un milliard d’internautes connectés sur Facebook (soit 1/6 de la population mondiale) dont 25 millions en France, les réseaux sociaux sont devenus un formidable levier de notoriété.

Pourtant en terme d’utilisation optimale des réseaux sociaux, nos politiques sont plutôt en retard : de 5 ans exactement.
Focus sur le modèle américain pour commencer.

1. Obama, « war machine » des réseaux sociaux.

2008 marque le début de la crise économique et l’arrivée de Barack Obama,  premier président afro-américain, à la tête des Etats-Unis.  Ce fût le nouveau visage d’une Amérique qui affirme sa pluriculturalité.

Pour conquérir le cœur des américains, son équipe de campagne était très bien rodée. Avec Chris Hughes, cofondateur de Facebook à la tête du volet réseaux sociaux, il a élaboré une stratégie Social Media dont les résultats ont donné le tournis :

–  500 millions de $ collectés en ligne.

–  5 millions de supporters Facebook.

–  2 millions de profils crées sur le site officiel de campagne.

–  120 millions de vues sur Youtube ….

Si ces chiffres ont été obtenus, c’est parce que l’équipe de campagne a réussi à  fédérer toute une communauté autour du candidat devenu président.

–  572000 commentaires  postés sur le mur Facebook de Barack Obama.

–  400000 posts recensés sur les blogs de campagne.

–  35000 groupes de volontaires créés.

Comment Obama avait-il réussi à tant fédérer ? Parce qu’il était présent sur près de 15 réseaux sociaux : Myspace, Facebook , Tumblr … Et même certains destinés à des communautés comme BlackPanet (communauté noire) ou Eons (Babyboomers). Personne n’était oublié.

Depuis son élection en 2008,  Barack Obama et sa femme sont devenus des adeptes des stratégies Social Media à long terme.

Et encore en 2012, les Obama font toujours l’actualité sur les réseaux sociaux, notamment ces dernières semaines.

On a ainsi aperçu le Chef d’Etat Américain dans une vidéo Youtube où il chante le blues en compagnie de Mick Jagger et BBKing à la Maison Blanche. Après plus de 1600000 vues (la vidéo fut retirée de Youtube pour atteinte aux droits d’auteurs depuis …), quoi de mieux pour paraître encore si proche de son public ?

Ou encore dans une campagne Twitter invitant ses concitoyens à s’unir contre une augmentation d’impôts de 40$ prévu par son opposition.

Le président américain à d’ailleurs, par la suite, mis à disposition sa playlist musicale officielle Spotify sur le réseau social.

Tandis que la femme du président s’amusait à répondre dans une vidéo Youtube à des questions postées sur son compte Twitter.

Si les Obama continuent ainsi de faire l’actualité sur les réseaux sociaux, c’est parce que les présidentielles arrivent aussi très rapidement outre-Atlantique : dans 8 mois, les américains vont devoir voter pour leur nouveau Chef d’Etat.

Il est impossible pour eux de commencer à se faire oublier s’ils veulent redevenir le prochain couple présidentiel pour les 5 années suivantes.

2. Pourquoi les candidats Français sont-ils présents sur les réseaux sociaux ?

D’abord parce que cela fait « moderne », et qu’il serait préjudiciable pour l’image d’un candidat de ne pas y être présent quand on sait ce que les médias sociaux représentent aujourd’hui. Et d’autant plus que si la concurrence le fait, le candidat fautif passerait pour un « outsider »

Ensuite parce que les réseaux sociaux sont un excellent outil de prise de parole : les messages sont immédiats, l’adaptabilité et le temps de réaction sont courts. Comme nous l’avons vu pour Barack Obama, c’est un moyen de fédérer ses sympathisants et mettre en place des actions rapidement.

Enfin, parce qu’ils permettent de toucher des gens autrement que par les médias classiques. Certaines cibles, notamment les jeunes, seront beaucoup plus réceptifs à des actions sur ce type de médias puisque les réseaux sociaux font parti intégrante de leur univers.

3. Pourquoi n’y a-t-il pas la même force de frappe politique sur les réseaux sociaux en France ?

Car les moyens ne sont pas les mêmes : Barack Obama a récolté en ligne plus d’un demi-milliard de $ de budget pour sa campagne de 2008. Dont il a injecté 3,5 millions dans Google Search pour du référencement et 550000 dans les réseaux sociaux. Or, sachez que les budgets de campagne présidentielles Français sont plafonnés à « seulement » 16,8 millions d’euros tout compris pour le premier tour… Et 5 millions d’euros en plus si le candidat est au deuxième tour.

4. Alors quelles sont les actions Social Media mises en place par nos candidats et quels en sont les effets ?

Certains candidats français ont mis du temps à se mettre aux réseaux sociaux, le dernier en date fut Nicolas Sarkozy qui a ouvert son compte Twitter le 14 février dernier.

Et si les candidats à l’élection présidentielle Française veulent tous obtenir le même résultat que Barack Obama en 2008 grâce aux réseaux sociaux, les actions social media qu’ils ont mis en place n’ont pas eu le même effet bénéfique.

En effet, on parle plus de « bad-buzz » ces derniers temps que de « good-buzz » dans le paysage politique français, peu importe les partis.

Après l’affaire des faux followers sur son compte Twitter deux semaines auparavant, le président candidat a encore fait parler de lui sur Twitter la semaine dernière. Selon BFMTV, l’équipe de campagne a demandé à Twitter de fermer les comptes parodiques et/ou satiriques le représentant sous couvert d’usurpation d’identité du Chef de l’Etat. Ce sont ainsi 5 comptes incriminés qui ont été fermés.

Le hashtag officiel #NS2012 s’est alors fait spammer de nombreux commentaires acides envers cette « censure ». D’autant plus que bien d’autres comptes doublons mais non parodiques sont restés ouverts. Suite à la contestation, les comptes ont alors rouvert dans la journée.

Autre bad- buzz à l’encontre de Nicolas Sarkozy ces derniers temps, ce sont les détournements de son affiche officielle de campagne électorale. Réalisées avec l’aide du site mafranceforte.com qui n’est autre qu’un générateur de fausses affiches, elles ont fait le tour des réseaux sociaux.

L’affiche officielle :

Quelques exemples de détournements :

Après que les socialistes aient eux aussi soufferts de l’affaire des faux followers du compte de François Hollande, l’équipe de campagne a fait face à un nouveau bad-buzz : le détournement d’une vidéo représentant le signe de ralliement des électeurs socialistes. Celui-ci ressemblant étrangement aux mouvements d’une danse populaire, des internautes n’ont pas hésité à parodier la vidéo en mettant en fond musical la musique de la dite chanson populaire.
Cela a donné ça.

5. Pourquoi les effets ne sont pas les mêmes ?

Il y a une différence fondamentale entre France et USA dans la finalité des réseaux sociaux en politique : là ou le peuple américain s’en sert pour fédérer d’autres partisans autour du candidat (comme cité plus haut, 35000 groupes de volontaires pro-Obama ont été crées dans sa campagne de 2008), les Français eux utilisent les réseaux sociaux pour dénigrer la politique par des détournements.

C’est avant tout une question de mentalité, les Français sont beaucoup moins impliqués dans la politique globalement et donc sur les réseaux sociaux : le twitter de Barack Obama compte 12 millions de followers pour 310 millions d’américains contre seulement 187000 pour François Hollande avec 65 millions de Français. A population égale, les Américains sont donc 10 fois plus impliqués dans la politique de leur pays.

De plus, en ces temps de crise, les politiques sont les premières victimes de la protestation ambiante. Et les réseaux sociaux, de par leurs aspects viraux, sont des médias choyés pour exprimer son mécontentement.

A propos de l'auteur

Laurence Rigomont

@LowRigomont - Tweete plus vite que son ombre, a toujours un œil collé à une TL - Créatrice officielle de la Veille plus connue sous le nom de Social Media News ou SMN pour les intimes ! Mangeuse de pomme officielle - Sinon le reste du temps, je suis Chef de projet Social Media chez L'Autre Média

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